
La bonne humeur et la légèreté du duo Wallace & Gromit n'a d'égale que la déprime et la profondeur de Mary & Max, la pâte à modeler toujours aussi sublimement mise au service des émotions. Ici, beaucoup d'innovations au programme: déjà, l'atmosphère singulière, naviguant constamment entre naïveté enfantine de l'enfant et désespoir aigu de l'adulte, grand air australien et prison urbaine new-yorkaise, désir d'amour et de partage et immensité de la solitude. Ensuite, une narration exquise, musicalisée par les échanges épistolaires comme autant de bons mots qui posent leur grâce sur l'intrigue et les thématiques (l'amitié, l'exclusion, l'espoir, le courage, la maladie) et dont les trois voix (narrateur, homme et jeune fille) se répondent dans une partition tour à tour drôle, étrange, dépressive, étonnante. Enfin, une noirceur inattendue dans le paysage d'animation, qui ne martèle aucunement niaiseries et bons sentiments mais ose parler de la vie dans ce qu'elle a de plus triste: l'isolement qui découle de la différence, la difficulté à grandir dans un monde que l'on ne comprend pas; et aussi de plus beau: les rencontres, les échanges amicaux, la confiance et les surprises qu'elle réserve. Mary et Max ne se croisent pas avant la fin, mais leurs deux existences- intimement et brillamment mêlées- deviennent chacune la moitié d'un coeur qui bat, l'un pour l'autre, jamais l'un sans l'autre, et transforment l'oeuvre en une belle et unique, atypique et désespérée histoire d'amour.







1 commentaires:
Bonjour Céline/Diane, Allo ciné a du plomb dans l'aile. Mais c'est bien de changer même si c'est du boulot. A part ça, oui Mary et Max est un bijou d'animation à voir (et je pense que le reverrai très vite). Bonne journée.
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