
Ce qu’il y a d’absolument formidable dans le cinéma coréen, c’est que l’on ne sait jamais où l’on va, ni de quoi sera fait le plan qui suit. D’emblée, en plein champ de blé, Bong Joon Ho convoque poésie et étrangeté lors d’une danse dont on ignore encore les aboutissants. Puis, dans un désordre, paradoxalement maîtrisé, il dévoile peu à peu les fils de ses protagonistes marionnettes, bafouant tous les codes et schémas établis. Rien n’y est clair, troublé par la brume des paraîtres : ni thriller, ni drame, le film s’impose en mélange intimiste des sensations (effroi et drôlerie en amants désespérés), où à l’unisson, les corps interprètent un ballet atypique, apologie géante de la bêtise humaine, la stupidité devenant rempart à la violence des relations et pulsions (meurtrières et incestueuses), l’oubli comme seul refuge à l’atrocité des vérités. Ainsi, du fils à la mère, des flics jusqu’à l’objet (le portable) où se cristallisent enjeux et tension, questions sans réponse, Mother ne parle que de l’effacement des mémoires comme unique sauveur (les souvenirs, ennemis hantant comme démons et fantômes la fragilité des êtres), le cinéaste défendant ardemment- dans une démonstration implacable et virtuose (quelle mise en scène !) un seul précepte : les ignorants sont bénis !!!
- Vu en Avant-Première au Festival Indépendance(s) et Création d’Auch






2 commentaires:
Je pense que de tout les films du festival c'était sans doute le plus original !
A ne pas rater, d'autant plus que les acteurs sont très bons.
Bonjour Céline, j'ai aussi aussi ce film en avant-première. J'avoue que j'ai eu un peu de mal à "entrer" dans l'histoire et puis petit à petit, je me suis laissée emmenée dans cette histoire d'amour entre une mère et son fils. Cette mère qui fait tout pour lui, jusqu'à l'irréparable. On ne connaît pas leur passé qui a dû être rude. En tout cas, avant de traiter quelqu'un d'idiot, je ferais attention. L'actrice qui joue la mère est sensationnelle. Bonne journée.
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