
On l’aime beaucoup, Fincher. Son univers crasseux, ses figures de freaks torturés, sa tendance à filmer l’obsessionnel. Sauf que depuis le lisse Panic Room, le cinéaste se loupe une fois sur deux. Autant son Zodiac faisait preuve d’une intensité monstre, autant son Benjamin Button suivait des chemins tous tracés. Autant son Social Networks éblouissait par des instantanés de mise en scène sublime, autant sa version de Millenium (bouquin de Stieg Larsson, remake du film original signé par le suédois Niels Arden Oplev) pèche par un manque d’audace. Qu’offre-t-il de plus au regard de la première version du film ? C’est simple : pas grand-chose. Prise telle quelle, pourtant, sa vision est efficace, captivante, n’ennuie pas, tire le meilleur parti de la froideur ambiante : climat enneigé, yeux bleus troublants de Craig, maîtrise de l’espace- clos ou tout de verre. On comprend ce qui l’a séduit dans ce récit trouble où un journaliste économique se retrouve confronté au passé sombre d’une famille déviante. L’enquête, la violence, la dichotomie de protagonistes en marge, ses cadavres-fantômes : autant de leitmotivs dans l’œuvre du cinéaste. Mais.
Pour ceux qui n’auraient pas vu le film suédois, Millenium US est une alternative pour le moins correcte, qui offre à peu près la même chose : du trash, des personnages timbrés, une Lisbeth réussie, un complot familial dégueulasse. Les autres se lanceront dans un petit jeu de comparaison qui, s’il amuse un temps, n’a rien de franchement folichon : qui de Rooney Mara ou de Noomi Rapace fait la meilleure Lisbeth ? Laquelle des deux fins est-elle la plus fidèle au livre ? Qui de l’américain ou du suédois remue le plus les tripes ? Ne parvenant jamais à se détacher de ces considérations-là, Fincher ne s’impose pas sur un terrain déjà familier, et toute l’entreprise s’en retrouve ainsi flinguée. Finalement, Millenium n’est rien de plus que la copie d’un bon élève, qui n’aurait pas réussi à masquer totalement le style de son modèle.

Pour ceux qui n’auraient pas vu le film suédois, Millenium US est une alternative pour le moins correcte, qui offre à peu près la même chose : du trash, des personnages timbrés, une Lisbeth réussie, un complot familial dégueulasse. Les autres se lanceront dans un petit jeu de comparaison qui, s’il amuse un temps, n’a rien de franchement folichon : qui de Rooney Mara ou de Noomi Rapace fait la meilleure Lisbeth ? Laquelle des deux fins est-elle la plus fidèle au livre ? Qui de l’américain ou du suédois remue le plus les tripes ? Ne parvenant jamais à se détacher de ces considérations-là, Fincher ne s’impose pas sur un terrain déjà familier, et toute l’entreprise s’en retrouve ainsi flinguée. Finalement, Millenium n’est rien de plus que la copie d’un bon élève, qui n’aurait pas réussi à masquer totalement le style de son modèle.

3 commentaires:
D'accord avec toi, le film apparait comme un exercice un peu obligé dans l'oeuvre de Fincher.
Mettre en 14 éme position Hugo Cabret alors qu’il est nominé 11 fois,c'est sure que tu n'as pas aimé le film de Fincher,seulement celui ci est réussit et se rapproche largement du roman que de la version suèdoise(Voire les livres de Stieg Larsson).
Daniel Craig est excellent dans le personnage du journaliste investigateur est beaucoup plus convaincant que son homologue suédois,quant à Rooney Mara elle est exceptionnelle dans celui de Punkette,Lisbeth Salander qui est beaucoup plus proche dans le personnage de Stieg Larsson.
Ayant adoré les versions suédoises, je n'ai pas été voir celui ci de peur d’être déçu.
Et comme tu l'affirmes, le jeu des comparaisons ne me plaisant pas forcement, j'attendrai certainement un petit moment avant de le visualiser, afin, justement, d'éviter toute comparaison.
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