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28 févr. 2012

[Critique] LE TERRITOIRE DES LOUPS (The Grey) de Joe Carnahan


Depuis 2003, année qui a vu naître le nerveux et incroyable Narc, on avait oublié de quoi était capable Joe Carnahan. Avec cette adaptation d’une nouvelle de Ian Mackenzie Jeffers (Ghost Walker), le cinéaste américain nous le rappelle. Et pas qu’un peu. Son Territoire des Loups est un film musclé et (mais ?) époustouflant, survival en haute montagne esthétiquement très intéressant, viril mais pas pour autant dénué de sensibilité, privilégiant l’action sans dénigrer l’émotion, tendu d’un bout à l’autre et plus subtil que ne le laisse paraître le script de départ. Du tout bon sur toute la ligne ? Oui. Carnahan, qui colle aux basques des sept survivants d’un crash d’avion, tire le meilleur de tout ce qui l’entoure. Il capte les moindres soubresauts du cadre menaçant, sauvage, féroce (avec à la fois cette suprématie de la nature, et, cette meute de loups lancée à la poursuite des hommes), toute la beauté des paysages (le tournage s’est déroulé en Colombie-Britannique, au Canada). Mais aussi, toute la fougue de sa bande d’acteurs, tous excellents- Dallas Roberts (The L Word), Dermot Mulroney (Le Mariage de mon Meilleur ami) et Liam Neeson (qu’on ne présente plus) en tête. Son scénario, lui, possède mille facettes.

Dans Le Territoire des loups, on peut tout y voir : à première vue, un divertissement efficace, mené avec ardeur, teinté d’une nostalgie nineties (Cliffhanger, Vertical Limit) ; plus profondément : une épopée au parfum de mort, belle traversée immaculée, sans espoir, élégiaque. C’est simple : Carnahan, en transformant ces montagnes d’Alaska en véritable purgatoire, nous livre un entertainment de luxe. Il insuffle une humanité crédible à des protagonistes a priori antipathiques, vus et revus ; il évoque des thématiques riches (la foi notamment) avec un sérieux et une justesse rares (voire inexistantes) dans ce type de long-métrage, et, surtout, il ne cherche jamais à plaire : cadrages audacieux, refus du show hollywoodien, mise à nu de ses hommes. Le Territoire des Loups prend son temps. De pleurer ses morts, d’écouter le vent, d’explorer et les âmes et l’espace. Et s’il est finalement très sombre, ce n’est que pour mieux célébrer la vie.



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