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28 févr. 2012

[Critique] MARTHA MARCY MAY MARLENE de Sean Durkin


Parfois, des pépites jaillissent de nulle part; des chocs incroyables auxquels on ne s’était pas préparés. Le premier film de Sean Durkin (producteur du déjà troublant Afterschool) est de cela. A ranger tout droit auprès des All the boys love Mandy Lane de Jonathan Levine, Putty Hill de Matthew Porterfield, ou autres Animal Kingdom de l’australien David Michôd. Des premiers grands sauts mémorables dans le cinéma. Martha Marcy May Marlene, ce sont les différents noms que se donne (ou se voit donnée) une héroïne en miettes, psychologiquement fragmentée, dissociée à la fois d’elle-même et de la réalité. Les responsables ? Un leader charismatique (effroyable John Hawkes) et une communauté de femmes hippies, à ses ordres, dans un coin paumé de l’Amérique. Le mot n’est jamais, jamais prononcé mais s’inscrit violemment dans nos esprits, comme le gourou viole cœurs et corps : " secte ". En voilà un film bouleversant, malsain, maîtrisé comme jamais, que l’on n’est pas prêts d’oublier !

Son malaise, son atmosphère, ses éparpillements temporels laissent des traînées poisseuses dans les têtes et des fulgurances sublimes dans les yeux. C’est une première œuvre, mais elle est majeure, transcendée par l’interprétation saisissante de la débutante Elizabeth Olsen (sœur de Mary-Kate et Ashley) à qui l’on prédit une immense carrière. Mélange improbable entre une Maggie Gyllenhaal et une Natalie Portman, la jeune actrice incarne une sorte de Vierge Suicidée de Coppola, qui aurait croisé la route de la mauvaise personne, celle du démon personnifié. Son enfer, entièrement intériorisé, est dévoilé à l’écran avec une finesse folle, à coups de distorsions sonores, alternance de brutalité et de flottements, et, intelligence du point de vue. Le regard est mature, le film, lui, est très (mais alors très) dérangeant.




Prix de la mise en scène à Sundance en 2011

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