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14 avr. 2012

[Critique] YOUNG ADULT de Jason Reitman


Il se passe quoi après le lycée ? Pas grand-chose. Certains ne quittent jamais leur ville de province, d’autres s’envolent vers les promesses des grandes villes sans jamais pouvoir être heureux. C’est le cas de Mavis Gary, post trentenaire déprimée qui descend bières et pots de crème glacée pour combler le vide de sa vie. Formidable personnage et composition de Charlize Theron pour un film qui puise dans la gravité de l’adulescence ses lettres de noblesse et d'insolence. Faut dire qu’aux commandes, il y a du beau monde: une association décapante entre l’enfant terrible Jason Reitman, passé maître dans l’art du bittersweet depuis les love story en demie teinte d’In the Air et Juno, et la grinçante Diablo Cody, scénariste du génial Jennifer’s Body. Comme toujours, l’heure est aux désillusions.

Au travers de la figure de la reine de beauté d’antan, Reitman & Cody égratignent la nostalgie nineties à coups de désespoir tendre et d’une peinture acerbe de paumés blasés. Griffée et abîmée par une solitude moderne, Mavis symbolise- avec tout autant de cruauté que d’humour (noir)- l’anti héroïne d’aujourd’hui, engoncée dans l’insatisfaction permanente et les relents dépressifs. Son combat, naïf et attachant, pour reconquérir son amour de jeunesse, devenu loser parmi les losers (Patrick Wilson), est un ultime (et beau) soubresaut d’espoir que Reitman utilise pour mieux asseoir son cynisme. A l’instar de ses précédents longs métrages, il transforme la sucrerie apparente en épine douloureuse. Le tout, enrobé dans un emballage pop et léger, qui évite et le clinquant et les tics trop indés. C’est fun, et ça ne l’est pas. Délicieux paradoxe.


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