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14 juin 2012

[Critique] PROMETHEUS de Ridley Scott


Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Qui nous a créé ? Ridley Scott n’y est pas allé de main morte dans ce prequel à la célèbre saga Alien qu’il a initié il y a plus de trente ans. Au-delà d’enjeux lucratifs évidents, son Prometheus s’inscrit avec cohérence dans une filmographie qui n’a jamais cessé d’explorer de mêmes obsessions : le rapport avec les dieux, les origines humaines, l’instinct de survie. Aussi, Scott retrouve à nouveau chez Elizabeth Shaw (Noomi Rapace) un personnage de femme forte comme il les aime (depuis Thelma, Louise et Ellen Ripley). Au final, à l’exception des moyens techniques déployés, pas grand chose n’a changé pour lui : sa SF est classe, son propos possède de forts accents féministes, son androïde David (époustouflant Michael Fassbender) rappelle les réplicants de Blade Runner

Pas grand-chose, semble-t-il, sauf l’essentiel- tant ce Prometheus, à la sortie, paraît désincarné, Scott se contentant de recycler le meilleur de sa filmo, le pire de celle des autres (le spectre de l’Avatar de Cameron plane sur l'ensemble, sans que l’on sache trop pourquoi). Le film, qui fouille la mythologie Alien en s’intéressant aux Space Jockey- créateurs des hommes, et infestés par les vilains monstres- se joue de notions intéressantes (le parent semble toujours enfanter le mal, il n’y a pas de création sans destruction, etc.) mais déroule un schéma habituel décevant (l’équipage, le carnage, la fin ouverte). En sacrifiant l’étude de ses personnages (celui de Charlize Theron notamment) pour privilégier une imagerie impeccable, Scott oublie ce qui faisait le charme de ses chefs d’œuvre SF : l’intensité émotionnelle, et la dimension psychologique. 


1 commentaire:

Chris a dit…

Il faut ajouter que le scénario est complètement débile...